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Message de Jean Arthuis, Vice-président de l’UDI, en charge du pôle Europe, au congrès du FDP à Nuremberg

Message de Jean Arthuis, Vice-président de l’UDI, en charge du pôle Europe, au congrès du FDP à Nuremberg

Le 06/05/2013

Le FDP, parti libéral-démocrate allemand, a invité Jean-Louis Borloo et l'UDI à son congrès national. l'UDI représentée par le Sénateur Jean Arthuis, a réaffirmé son ADN européen et fédéraliste.

Monsieur le Président,

Chers Amis,

Je suis heureux de venir vous saluer à l’occasion de votre congrès. Vous avez invité Jean-Louis Borloo, le président de mon parti, l’UDI. Croyez bien qu’il regrette de n’avoir pu se déplacer lui-même du fait d’engagements qui le retiennent en France. Il m’a demandé de le représenter pour vous transmettre son message de très cordiale amitié.

Nous étions ensemble à Berlin, le 22 janvier, il y a trois mois,  pour célébrer le 50ème anniversaire du Traité de l’Elysée, pour exalter les bienfaits de l’amitié Franco-Allemande et lui donner un nouveau souffle. C’est dire s’il nous est apparu important de répondre à votre invitation. D’autant plus important que l’Europe à laquelle nous sommes tant attachés traverse une crise grave dont nous ne pouvons sortir sans coordonner nos efforts. Le pouvoir naît lorsque les hommes travaillent ensemble, en confiance. Il est donc vital qu’à l’échelon de nos familles politiques, si proches sur l’essentiel, nous puissions multiplier les rencontres et débattre de nos éventuelles différences d’appréciation. C’est dans ces conditions que nous pourrons proclamer que nous partageons les mêmes valeurs, la même vision de l’avenir, la même perception des enjeux de la mondialisation, la même volonté de construire une Europe politique.

Chacun mesure la gravité de la situation : explosion du chômage dans la plupart des pays de l’Union, stagnation de la croissance, dérive des déficits publics, aggravation de l’endettement, déséquilibres à l’intérieur du marché unique. Face aux réalités, la tentation de la fuite en avant, du repli sur soi et de la nostalgie trouvent un écho grandissant dans l’opinion publique. Et l’Europe devient le bouc émissaire tout désigné chez tous ceux qui oublient trop facilement que les gouvernances nationales sont en cause, que les difficultés sont la conséquence de retards dans la mise en œuvre des réformes structurelles nécessaires. A un an des prochaines élections européennes, nous devons exprimer avec force notre engagement européen. Préparons nous à affronter l’euroscepticisme. Pour cela, il nous faudra faire preuve de pédagogie. Nous devons convaincre nos concitoyens que leurs attentes sociales et environnementales ne pourront être satisfaites durablement qu’à une double condition : assainissement des finances publiques et compétitivité économique. Chaque Etat membre doit se remettre en cause et accomplir les réformes qui lui incombent sans attendre que l’Europe les réalise à sa place. C’est une question de lucidité et de courage.

Quant à l’Union européenne, reconnaissons qu’elle souffre d’une absence de pilotage politique. Et pourtant, elle seule nous donne crédit face aux défis internationaux. La crise des dettes souveraines est largement la conséquence de la gouvernance calamiteuse de la zone euro. Pendant dix ans, l’euro a fait office d’anesthésiant. Le jour où nous avons décidé de créer une monnaie unique, seule issue pour mettre fin à l’instabilité monétaire au sein du marché unique, nous avons partagé une souveraineté. Mais nous n’avons pas assumé les exigences gouvernementales qui en résultent. A peine avait-on mis en circulation l’euro que les règles du Pacte de Stabilité et de croissance furent transgressées. Nous mesurons aujourd’hui le poids de la solidarité qu’implique la zone euro. Elle nous engage à accomplir le saut qualitatif que constitue un gouvernement économique, financier et budgétaire. Il est clair que tout retour en arrière conduirait au chaos généralisé. Le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), le Mécanisme européen de stabilité (MES) ainsi que l’union bancaire sont des progrès décisifs. Mais il faut désormais aller plus loin dans le fédéralisme et rechercher les plus étroites convergences possibles dans les domaines fiscaux et sociaux. La lutte contre les fraudes fiscales, l’énergie, la défense, la sécurité contre le terrorisme, le contrôle de l’immigration et la diplomatie nous appellent à exercer solidairement nos responsabilités pour atteindre nos objectifs communs.

Jusqu’à maintenant, l’Europe a répondu aux vœux de ses pères fondateurs en établissant la paix sur le continent, en aidant plusieurs peuples à sortir de la dictature qui les opprimait, en améliorant le niveau de vie et la sécurité. Mais l’Europe est restée affectée par les égoïsmes nationaux et souffre d’une construction institutionnelle complexe et distante, technocratique et arbitraire. Il est de notre devoir de la remettre dans le droit chemin, de renforcer sa légitimité démocratique, de lui donner l’autorité requise pour qu’elle pèse de tout le poids des Etats qui la composent dans les institutions internationales.

Mes Chers Amis, je ne doute pas que grâce à l’Europe, nous démontrerons que la réussite économique, la compétitivité, ainsi que la rigueur budgétaire, sont les gages effectifs de la justice sociale et développement durable. Je venu vous dire que nous sommes prêts à travailler avec vous à la définition d’orientations communes et que nous entendons ainsi mettre l’Europe au service de tous les européens.

 

Jean Arthuis

Vice-Président de l'UDI en charge du Projet européen

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