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Les Européens sont écoutés mais ils ont du mal à s’entendre

Les Européens sont écoutés mais ils ont du mal à s’entendre

Le 08/07/2013

Tribune de Jean Arthuis, Vice-Président de l'UDI en charge du projet européen, parue dans la version web du journal 'l'Opinion"

Le scandale déclenché par la révélation des actes d’espionnage commis par les services secrets américains à la veille de la négociation du projet d’accord commercial entre l’Union européenne et les Etats-Unis d’Amérique, suscite la révolte de nos concitoyens. J’espère que cette colère provoque un nouvel électrochoc salutaire, après la crise des dettes souveraines, pour faire avancer l’intégration politique en Europe.

Premier enseignement, si l’Europe est écoutée c’est qu’elle occupe une place primordiale à l’échelle du Monde. Qu’il s’agisse d’échanges commerciaux, de marchés publics, d’investissements, d’édiction de normes, de dépôts de brevets, les enjeux sont cruciaux. C’est pour cela que notre partenaire américain, dans la clandestinité, mobilise des moyens blâmables en vue de protéger ses propres intérêts.

Deuxième enseignement, les Européens ont du mal à s’entendre. L’épisode de la taxation exceptionnelle des panneaux photovoltaïques chinois a confirmé que l’Union européenne reste une addition d’égoïsmes nationaux. Dans cette cacophonie permanente, à l’occasion de chaque motif de crispation, chaque Etat membre s’applique à démontrer qu’il reste jaloux de ses prérogatives qu’il s’agisse de la diplomatie, de la défense, de la lutte contre les fraudes et les paradis fiscaux, d’écoute ou de renseignement. Dès lors, l’Europe joue « petit-bras » et laissant ainsi ses membres prolonger leurs incantations et leurs gesticulations.

Troisième enseignement, les Etats-Unis sont clandestinement à l’écoute du monde parce que le gouvernement est fédéral, prenant appui sur des administrations puissantes dont les feuilles de route sont coordonnées. Rien de commun avec le simulacre de gouvernance de l’Union européenne dont la Commission compte autant de membres que d’Etat (28 depuis l’adhésion de la Croatie). Loin de moi l’idée de cautionner les dérives américaines. En revanche, veillons à ne pas camper dans l’angélisme. Le prix Nobel de la Paix ne nous dispense pas de faire face à la « guerre économique ». Il y a urgence à en tirer collectivement les conséquences.

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