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les « Européens » ont le devoir de s’engager pour faire partager leurs convictions et convaincre nos concitoyens!

Le 02/12/2013

" L'Europe miroir de nos turpitudes" Jean Arthuis VP de l'UDI en charge de l'Europe 29-11-2013

• L'Europe miroir de nos turpitudes

 

La déprime et l’exaspération affligent les Français. Les signes de révolte se multiplient face à un gouvernement désemparé. Majorité et opposition perpétuent leur jeu de rôles dans un théâtre dérisoire où s’affiche sans délai l’impuissance politique. L’Etat providence est en faillite dans une mondialisation dont il a trop longtemps masqué les défis et les enjeux. Le calendrier électoral met l’Europe en débat au printemps prochain. Elle offre aux extrémistes de droite et de gauche un bouc émissaire commode pour tenter de promouvoir leurs visions nostalgiques et leurs projets chimériques. L’euroscepticisme risque de se déchaîner violemment. C’est pour cela que les « Européens » ont le devoir de s’engager pour faire partager leurs convictions et convaincre nos concitoyens que seule l’Union européenne peut nous sortir de la crise, inverser la courbe du chômage et redonner un élan à l’économie. Mais nous devons tout à la fois remettre en cause le pilotage politique de l’Europe et permettre à la France de rompre avec les archaïsmes qui la condamnent au déclin.   

 

Si l’Europe a bien ancré la paix sur le continent, elle a malheureusement échoué dans son organisation et son aptitude à créer de la valeur à la mesure des attentes sociales. La fin de Guerre Froide et l’avènement de la mondialisation ont mis en évidence toutes les lacunes de son fonctionnement. Technocratique et distante, elle souffre d’un déficit de légitimité démocratique. Obsédée par la satisfaction des consommateurs, elle a mis en péril sa capacité à produire des richesses et à créer des emplois. Faute d’assumer des prérogatives de souveraineté, elle a produit des règles juridiques au mépris du principe de subsidiarité. Elargie trop rapidement, elle a multiplié les déséquilibres entre sa périphérie et son cœur, ainsi qu’en témoignent les détachements de collaborateurs venant des pays nouveaux entrants. Par commodité, elle a renoncé à se doter d’une gouvernance lisible et efficace, se payant le luxe de quatre présidences en charge respectivement du Conseil des chefs d’Etat ou de gouvernement, de la Commission, de l’euro-groupe et du Conseil des ministre exercée pour six mois par l’un des Etats membres. Elle est devenue l’addition des égoïsmes nationaux. La gravité de la crise met en lumière les incohérences du système et la nécessité d’un saut qualitatif vers une intégration politique. A l’ère de l’économie globale, les artifices se dissipent. En matière économique et financière, dans la lutte contre les fraudes fiscales et les paradis fiscaux, dans le contrôle des flux migratoires, les souverainetés exercées au plan national deviennent illusoires.

 

Les déficiences mettent en cause l’attitude des Etats membres et leurs gouvernances. Faut-il pour autant faire marche arrière ? Ce serait l’option du chaos programmé. Il n’est d’autre choix que l’intégration politique, pragmatique et progressive, soutenue par les citoyens. D’ores et déjà, nous avons fait un pas dans le fédéralisme en créant l’euro. La Banque centrale européenne est d’essence fédérale, mais son président cherche vainement son interlocuteur politique pour articuler une synergie entre politique économique et politique monétaire, sans laquelle l’économie et la création d’emplois restent atones. La crise de la Grèce et des dettes souveraines a sanctionné une décennie de divagations et de gouvernance inconséquente rendue possible par l’anesthésie générale provoquée par la mise en circulation de l’euro. Les membres de la zone euro ont enfin compris que leurs liens mutuels sont de nature systémique et irréversible. Dès lors, ils ont commencé à assumer le partage de leur souveraineté monétaire par la mise en place d’un gouvernement économique, financier et budgétaire. En trois ans, d’appréciables progrès ont été atteints, par l’édiction de nouvelles règles de coordination des politiques nationales, l’esquisse d’une Direction d’un Trésor européen, une réglementation des marchés financiers, le projet d’Union bancaire, la création du Mécanisme européen de stabilité financière, ébauche d’une mutualisation des dettes publiques. La zone euro devient l’embryon du fédéralisme, étant bien entendu que tous les Etats membres ont vocation à y adhérer dès que leur gestion le permettra  et qu’ils en auront fait le choix.

 

Au fond, le reproche qui peut être fait à l’Europe est d’avoir encouragé certains Etats, notamment la France, à jouer les prolongations dans un registre périmé. Sans l’euro, les gouvernements français n’auraient pas laissé leurs déficits dériver. La sanction immédiate eut été la dévaluation du Franc par rapport au Deutsche Mark. S’il est vrai qu’au même moment l’Allemagne s’est livré aux mêmes transgressions, ce fut en contrepartie de réformes structurelles courageuses. Rien de tel en France. Faut-il rappeler qu’en prenant part à la construction européenne, la France entendait poursuivre une politique de grandeur alors que l’Allemagne signait son retour dans les démocraties et affirmait sa volonté de rompre avec son passé. La suite est connue. C’est dire si nous devons enfin sortir de notre aveuglement et nous montrer dignes de la place qui nous est destinée au sein de l’Union européenne.

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